Dermatologie à la Clinique La Prairie
NOUVEAU: dépistage et traitement des cancers de la peau
Comme pour beaucoup de cancers, le dépistage précoce revêt une importance capitale dans la cancérologie cutanée. A la Clinique La Prairie, il est désormais également proposé, en consultation de dermatologie, sur rendez-vous ou dans le cadre d’un check-up. Par le Dr Laurent Berger.
Les cancers de la peau les plus courants sont les carcinomes, tumeurs épidermiques survenant généralement après l’âge de 50 ans sur des zones découvertes du corps (visage, cou, épaules, avant-
bras, dos des mains, etc.) et le plus souvent dues à une exposition excessive et chronique au soleil. On distingue deux types de carcinomes. Ceux dits basocellulaires, les plus fréquents et les moins graves, d’évolution lente et exclusivement locale mais parfois invasive en profondeur, et les carcinomes spinocellulaires, plus rares, se développant parfois sur des lésions précancéreuses, les kératoses actiniques, ou sur des cicatrices de brûlure ou encore sur des plaies chroniques. Plus agressifs, ces carcinomes spinocellulaires peuvent envahir les ganglions lymphatiques et se disséminer dans d’autres organes.
Moins fréquent que les carcinomes, plus connu mais aussi plus dangereux en raison de son potentiel de dissémination métastatique, le mélanome est une prolifération de mélanocytes, autrement dit de cellules responsables de la synthèse de mélanine. S’il peut se révéler à tout âge et notamment chez les jeunes, le mélanome n’atteint cependant que rarement les enfants, car il met généralement de nombreuses années à se manifester. Il peut se situer n’importe où sur le corps, mais il apparaît souvent sur le tronc de l’homme et sur les jambes de la femme et sous deux formes distinctes: la naissance de novo, d’une petite tache pigmentée sur la peau saine, ou la modification d’un grain de beauté (naevus pigmentaire) existant.
On observe en Europe et depuis une bonne cinquantaine d’années une augmentation constante des tumeurs de l’épiderme et des mélanomes en particulier, ainsi que de la mortalité qui leur est liée. En France, par exemple, le taux d’incidence du mélanome double tous les dix ans et aujourd’hui, plus de 100 000 nouveaux cas de cancers de la peau sont détectés chaque année, dont 7000 mélanomes causant près de 1500 décès. Et en Suisse, quelque 1700 nouveaux cas de mélanomes sont diagnostiqués annuellement; ilsreprésentent environ 5 % de tous les cancers et font de notre pays, avec la Norvège, le plus touché eu Europe.
Le principal facteur connu de risque du mélanome reste l’exposition au soleil, notamment pendant l’enfance. Et ce risque est majoré chez les personnes au teint clair, chez celles dont la peau est recouverte de nombreux grains de beauté de diamètre supérieur à 4 ou 5 mm, atypiques ou encore chez celles ayant un antécédent familial ou personnel de mélanome.
On l’a dit, le dépistage précoce est la clé du pronostic dans le domaine de la cancérologie cutanée. Il repose d’abord sur une auto-surveillance selon la méthode dite ABCDE, soit :
Si l’aspect d’un mélanome est très variable, il présente souvent une ou plusieurs de ces caractéristiques. Un examen régulier et attentif des grains de beauté peut donc conduire à un dépistage très précoce, sachant que plus un cancer cutané est découvert tard, plus il risque d’être invasif et plus son traitement sera difficile. Toute modification de forme, de taille ou de couleur d’un grain de beauté doit être considérée comme un signe d’alerte et entraîner une consultation du dermatologue, tout comme la persistance d’une lésion cutanée ulcérée ou, au contraire, d’une croûte épaisse et dure infiltrée dans la peau et ne cicatrisant pas.
Ces règles et principes de prévention sont bien sûr rappelés aux patients, à l’occasion de l’examen dermatologique mené à la Clinique La Prairie, que ce soit sur rendez-vous ou dans le cadre d’un check-up. Les personnes à risques (peaux claires, nombreux grains de beauté, lésions congénitales, antécédents personnels ou familiaux de mélanome, expositions importantes au soleil) devraient subir régulièrement une consultation de contrôle.
L’examen dermatologique commence par une inspection visuelle détaillée et globale de tout le revêtement cutané et s’arrête heureusement le plus souvent là, aucune anomalie n’étant détectée. Si nécessaire, sur certaines lésions, le médecin fera usage d’un dermatoscope, agrandissant de 10 à 70 fois, pour une analyse plus précise. Et en cas de découverte d’une lésion suspecte, il effectuera une biopsie ou une exérèse, afin d’infirmer ou de confirmer la malignité.
